Avengers 2 : une grosse daube !

Et oui, je me permets une petite critique cinéma !

Ultron 1
Etant fan de comics, je suis assez bon public avec les films de super-héros. J’ai même trouvé des qualités à Wolverine, le combat de l’immortel (le premier tiers est valable). Cela dit, j’ai été maintes fois déçu par la pauvreté de certains films : Wolverine Origins, Spiderman 3, sans parler de Daredevil ou de l’oubliable Catwoman

Avengers 2, c’est le pompon ! Je suis dé-goû-té ! QUELLE GROSSE DAUBE !

Mise au point : je suis fan de comics mais pas un puriste qui va pinailler pour un bouton de chemise mal placé ou des entorses à l’histoire originale. J’aime voir ces personnages que je connais bien reprendre vie au cinéma. Et j’ai une assez grande marge de complaisance. J’avais bien aimé le premier Avengers, qui tenait très bien son rang en tant que film à grand spectacle et grande galerie de personnages, avec en plus un peu d’humour bien dosé.

« Mais alors, pourquoi tu n’as pas aimé Avengers 2 ? C’est comme le 1 mais en encore plus énorme, non ? »
« Non connard, c’est juste une grosse daube pleine de fric !! »

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EFFETS SPECIAUX, CASCADES, SCENES D’ACTION :

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Les combats sont énormes, les cascades et pouvoirs très bien faits mais finalement, rien de très original hormis la surenchère lassante et la grossière gratuité de certaines scènes. On assiste à une orgie : nuée de robots, ville soulevée, destructions à foison, véhicules qui volent dans tous les sens, grosse armure,…
Bémol majeur : la lisibilité.
Les combats massifs, c’est bien gentil, mais au final on ne sait plus trop où regarder. Certaines actions sont noyées dans la profusion, les personnages agissent souvent simultanément et on est parfois contraint de survoler l’action. La mise en scène est clipesque avec beaucoup de plans rapides enchaînés par paquets de 12, brouillons. A nous faire regretter le ralenti !
Ultron et Vision sont assez réussis visuellement, Hulk perfectible mais pour moi, ils font le boulot.

« Bein de quoi tu te plains ? Ça envoie du pâté ou pas ? C’est bon, ça ! C’est du GRAND spectacle ! »
« Du GROS spectacle, disons. Et, connard, je ne suis pas venu voir une connasse de démo d’effets spéciaux, je suis venu me faire entraîner dans une histoire de super-héros. Alors, connard, je vais t’expliquer ce qui ne va pas… »

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SCENARIO, NARRATION, MISE EN SCENE :

Ultron 4

 

Le film commence en pleine action, les Avengers attaquent une base de l’Hydra. Comme on les connaît et qu’on vient pour eux, pas de souci, on est directement avec eux ! L’Hydra ? Ce sont les méchants et on s’en fout : on nous (ré) expliquera surement ce que c’est en cours de route. J’ai donc souri sur le petit ralenti de gros poseurs où on voit toute l’équipe de profil, partant à l’assaut.

« BAM ! Voilà les Vengeurs ! Vas-y Hulk ! Dégomme ce bunker en fonçant dedans ! Ouuuuiii ! »
« Ah bein, tu vois que tu kiffes !! »
« Attends connard, lis la suite… »

Mais ça se gâte dès cette première scène : comme tout va vite, on ne saisit pas trop les enjeux. Surtout :
– qu’ils sont liés aux histoires des films précédents et qu’il n’y a pas vraiment de remise en contexte
– que certains plans sont sombres (et oui, ça suffit pour mal reconnaître le sceptre de Loki)
– qu’on est en pleine baston contre une armée et ça pète de partout
– que les dialogues sont sans cesse entrecoupés de tentatives de petites blagues ou de bons mots
– qu’on a la très bonne idée d’introduire vite deux nouveaux personnages dans ce chaos – (trois, si on compte Von Strucker)

Bref, pour qui ne connaîtrait pas les comics ou n’aurait pas vu Captain America, le soldat de l’Hiver (en admettant que vous ayez tous vu Avengers 1), bon courage ! Bon, c’est la première scène. On se dit que le petit flottement naissant se dissipera dans la scène d’après, qu’on va tout nous expliquer.

« Heu…Tu cogites trop, mec… »
« Non, connard. Et t’inquiètes, je n’allais pas voir Avengers 2 pour cogiter. J’aime simplement comprendre un minimum ce que je regarde, juste pour être dans le truc ! »
« Bein… l’histoire est simple… »
« Tout à fait, cher connard ! C’est ça le drame ! »

La première scène n’est pas la seule à être confuse : au long du film, on est régulièrement dérangé par un sentiment diffus de ne pas exactement comprendre ce qui se passe – ou de n’avoir pas le temps de le digérer. Il faut gober sans cesse de nouvelles informations données par des scènes et des dialogues très rapides, on change de lieu mais en fait ça pourrait se passer n’importe où puisqu’on s’en fout (mais fan-service pour le Wakanda).

L’intrigue ? La création d’Ultron nous est balancée dès le début, en mode accéléré.

Ça donne un truc comme ça : Spectre-magique => projet-secret-Ultron-dévoilé => Stark+Banner-faire-vite-et-en-loucedé-une-combinaison-des-deux =>mini-scène-de-répit-un-peu-rigolote-mais-expédiée =>Ultronleoufarriveetveuttoutpéter,tatane,s’échappeetcommenceàtoutpéteralorsqu’onsaitàpeinecequ’ilest.

Maisons’enfoutparcequeBAGARRE !

Vu qu’aucune scène d’exposition n’est correctement foutue, on essaye de nous donner rétrospectivement les informations manquantes, d’exposer de façon artificielle et grossière les motifs des persos. En pédalant à rebours dans la semoule…

Ultron 3

Je connais les comics par coeur et je me rappelais bien des films précédents. Le pote avec qui je suis allé au cinéma s’est posé beaucoup plus de questions. Par exemple : « Rha, mais c’est qui Veronica ? » qu’Iron man va appeler en renfort. C’est vrai que dans tout ce bordel, ça aurait pu être un personnage qu’on a loupé.
Ce petit mystère/suspense aurait pu être sympa (c’est en fait une armure spéciale de Stark et pas une femme, ha ha ha !) mais voilà, il aurait fallu faire une histoire lisible pour l’exploiter. Toutes les scènes de gags tombent à l’eau du fait de cette frénésie génératrice d’une grande confusion aux éclats de platitude dramatique et psychologique au budget de 250 millions de dollars.

« La Veuve Noire, elle s’appelle Roumanoff ou Maximoff ? »
« Elle s’appelle Romanova, cher connard. C’est normal que tu confondes ces noms russes, vu qu’on a bâclé la présentation de Wanda Maximoff… »
« C’est qui Wanda, déjà ? »
« … »

Les événements (ou plutôt bagarres) s’enchaînent donc comme des poulets dans une chaîne d’abattage, à une cadence épuisante (c’est à la mode) et jusqu’à la fin. Les rares moments de calme sont terriblement cul-cul la praline (Hulk et la Veuve Noire), ou peu clairs (l’univers mental de chaque Avenger), ou faisant office d’effets d’annonce totalement grossiers ne menant quasiment à rien (la scène de la famille d’Hawkeye amenant à son choix de risquer sa vie pour sauver l’enfant : comme il n’y a aucune dramatique prenante, on s’en bat les couilles un max !).

En fait, je n’ai quasiment jamais réussi à rentrer dans le film. L’intrigue est pourtant simple : méchant veut détruire les humains, Avengers lutter contre méchant. Il y a des incohérences ou des choses qu’on n’expliquera pas… (Pietro tape des robots à mains nues, Thor qui prend un bain,…), sans compter les grossiers placements de produits.

Bon, il y a quelques bonnes scènes. La scène du soulevage de marteau est rigolote et réussie, et quelques tout petits bons moments. Cependant, face à 90% de scènes émotionnellement stériles, ça ne pèse pas lourd. Les combats sont grandioses mais comme ni les personnages, ni les enjeux ne sont développés de façon efficace, on en arrive à se faire chier devant cette débauche visuelle. La dernière fois que je me suis autant fait chié, c’était devant Transformers 4 et pour les mêmes raisons.

L’art de la dramatique artificielle et de la simulation d’émotion… Remarquez, pour un film sur des androïdes, c’est cohérent.

« Bon… Mais y’a quand même les personnages ! Ils sont cool ! Tout le monde adore Iron Man, non ? »
« Oui, connard, j’y viens ! »

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LES PERSONNAGES :

Ultron 5

 

Les Vengeurs :
Ils ont réussi la prouesse de sous-exploiter des personnages qui sont pourtant déjà installés et appréciés des spectateurs. C’est simple, ils n’existent jamais vraiment à plein régime (sauf pour la bagarre) car ils ont chacun 2 minutes chrono vrai de temps de développement raté et ne traversent finalement aucune grande crise : ils restent d’humeur relativement plate et égale, façon tanches. Du coup, on a que très peu d’empathie pour eux. Même Tony Stark (le moins pire) n’est pas drôle et ne subit pas vraiment de crise morale profonde, alors que c’est lui qui a créé le monstre et mis le monde en danger.

Certaines scènes auraient pu être vraiment fortes si les producteurs avaient eu un peu de couille. Par exemple, j’ai vraiment cru que le Captain n’arriverait pas à rattraper cette nana tombant d’un pont et qu’il ferait face à cette terrible impuissance, ou que ça le rendrait vraiment furax. Que nenni : tout est facile ! Les événements les plus incroyables leur arrivent mais ils gardent tous un flegme exemplaire. Même (surtout !) les simples humains que sont Hawkeye et Black Widow, et qui devraient quand même chier un peu dans leur froc devant une armée de robots… Qu’ils s’en sortent, pourquoi pas, mais pourquoi ne lit-on jamais le doute ou la peur ? Sont-ils tous des robots, comme dans l’arc Ultron des Ultimates ?

Machin et Truc :
Alias Pietro et Wanda Maximoff. Pour le spectateur un peu distrait dans ce grand bazar visuel et scénaristique, ils sont « le mec et la meuf » ou « les jumeaux optimisés ». Ils sont présentés en deux secondes, sous forme d’un combat puis d’un rapport de données lu par Tony Stark (je crois). Plus tard on leur fait réciter vite fait le résumé de leur biographie pour expliquer leurs motifs (sauf qu’on s’en fout depuis longtemps) et on doit entendre vaguement leurs noms prononcés dans le chaos des combats : «  ‘IEETWOOOO !« . Ça n’a l’air de rien mais le fait de ne pas être sûr de leur nom pose la première pierre du désintérêt pour ces personnages, surtout pour qui n’est pas un comics-addict. Deux figurants. Tellement pauvres qu’ils passent des renégats aux gentils sans qu’on n’éprouve quoi que ce soit. Si on les avait retiré, le film n’aurait rien perdu. C’est dire…

Ultron et Vision :
Ultron est un personnage splendide dans les comics. Il y a du bon et du mauvais, mais le concept lui-même est trop cool : un monstre de Frankenstein 2.0, moderne et technologique mais aussi très philosophique. En en faisant dès le début un psychopathe qui veut tout péter, on le gâche totalement, le spectateur ne pourra jamais avoir vraiment peur de lui parce qu’il tient plus du robot-tueur digne d’un nanar que du mystérieux protocole I.A. échappant à son créateur (dans le film, Tony) qui devient bien trop intelligent et qui dérive.
Vision arrive lui à la fin et n’a pas le temps d’être vraiment développé non plus, malgré une piètre tentative de face à face final Ultron/Vision avec de vrais morceaux de débat éthique à peine digne du CM1.

Les personnages secondaires :
Certains caméos sont sympathiques. J’étais content de voir War Machine, par exemple, simplement parce que le personnage – dans son peu de temps d’apparition – parvient à exister. Pour le reste, c’est du fan-service et de grosses ficelles scénaristiques bien grasses. Comment évacuer la population d’une ville ? Oh, Nick Fury arrive justement avec son héliporteur !

Ça sert à quoi d’avoir autant de personnages pour ne rien faire avec ? Ils avaient déjà fait l’erreur dans Spiderman 3 en nous casant tout un bestiaire à la vas-y-que-je-te-pousse… A votre avis, pourquoi les séries télés marchent autant ? Ou les mangas ? Réponse : le développement des personnages.

On passe aussi à côté de toute ambition de réflexion autour des grandes thématiques Avengers. Les questions existentielles ne concernent pas ces gens-là, malgré les petits dialogues « superficiellement très profonds » vite calés pour faire genre Nolan. Ce qui nous amène au péché capital de ce film, les… leeeees… leeeeeeees DIALOGUES DE MERDE !!

« Rho, t’abuses, c’était marrant la piscine de larmes viriles !« 
« Oui, connard, je confesse que cette phrase était drôle. Dommage que ce soit la seule… »

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LES PUTAINS DE DIALOGUES :

Ultron 2

 

Franchement, c’est ce qui plombe tout le film.
Ils sont pour la plupart nuls à chier. Soit trop pompeusement explicatifs, soit lourds et niais. Le pire étant le nombre ahurissant de tentatives de petites blagues, ou de petites phrases ironiques ambiançant le film d’un dérisoire permanent, détruisant absolument toute dramatique et tombant à plat parce qu’en plus ils sont tartes.
Je n’ai pas entendu les gens rire quand il fallait rire.

Et ces dialogues dérisoires de merde, il y en a vraiment plein partout. A la fin, quand Hawkeye parle dérisoirement de refaire son salon en plein pendant le grand maëlstrom du combat final, tu as vraiment envie de lui mettre pas dérisoirement une de ses flèches dans le cul… et d’y rentrer aussi ce Ultron qui cabotine ou qui chantonne… et ce Quicksilver qui se permet une vanne dérisoire alors qu’il meurt et que c’est censé être dramatique. C’est simple, quasiment aucune scène n’est dramatique (à part la scène du marteau et l’arrivée d’Ultron – c’est une seule scène, hein !).

Ce n’est pas tout : souvent, au lieu de parler en tant que personnages, les personnages commentent. Peut-être aussi parce qu’ils sont obligés d’expliquer trop de choses ou de se décrire ainsi que leurs motifs, à l’intention des spectateurs. Autre défaut, les personnages se coupent quasiment la parole dans certains dialogues ping-pong, avec un manque total de naturel.

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CONCLUSION :
Une grosse daube !

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« Moi j’ai bien aimé ! »
« Je n’en doute point, connard. C’est probablement parce que tu n’as pas de goût ou que tu as l’anus plus complaisant que le mien. »
« Nan, j’ai bien aimé ! »
« Hum, je me demande si ce n’est pas un réflexe psychologique. Ton esprit refuse probablement d’admettre que tu as payé ta place (en 3D), subit un calvaire de 2h22 et y avoir entraîné tes copains/copines POUR JUSTE ALLER VOIR UNE GROSSE DAUBE ! C’est ce qui te fait proférer ce commentaire tiède qui aura surement du mal à être vraiment argumenté. »
« … »
« Bonne soirée, connard ! »

Bienvenue en 2015

voeux 2015 bisblog

« T’en re-vœux ? Y’en re-n’a ! »

Voilà le premier dessin que j’avais fait pour les vœux 2015… avant de me raviser car un peu trop déprimant. La réalité ayant finalement dépassé toutes mes espérances en même pas deux semaines, je vous re-souhaite donc mes meilleurs vœux pour 2015 !

Nous n’allons pas manquer de combats et on a intérêt à vite renouveler notre stock d’indignation car il va être vivement sollicité.

Bonne année !

Et après ?

Charlie 9 yop

 

J’ai commencé à écrire une longue tribune, je l’ai recommencé 3 fois puis effacée et je me suis dit : le dessin suffira à lui-même. On peut ajouter en question subsidiaire « et avant ? ».

Le combat pour la liberté d’expression, le droit de blasphème et la satire, il appartiendra aux satiristes qui s’y engageront. Pour le reste, rien n’est réglé. Les attentats de Paris s’inscrivent dans une longue liste, entourés par le carnage Taliban dans une école pakistanaise (141 morts dont 132 enfants) et le massacre incroyable perpétré par Boko Haram au Mali (plus de 2000 victimes)…

Que fera le citoyen, au-delà d’une ma-marche dominicale, d’arborer des slogans divers, de se regarder les arborer aussi pour finalement rentrer dans ses pénates ? Comment combattre ? Qui le peut ?

Face à des gens hermétiques à toute remise en cause ou critique, prenant le sacré comme prétexte au meurtre, se formant dans les interlignes de la République comme au Yémen, que peut-on ?

J’ai quelques points de vue sur tout ça, quelques idées. D’autres ont les leurs. Le défi est grand, mondialisé…

Rendez-vous demain !

Crise interne au RAID

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Un dessin un peu plus féroce. Je ne me réjouis cependant pas de la mort d’hommes, ni ne prône la peine de mort à l’heure où on entend certains mauvais esprits proposer un referendum en plein choc émotionnel national.

Un grand bravo à tous les professionnels du RAID, du GIGN, du BRI et tous les gens impliqués dans le sauvetage des otages et la capture des terroristes !

Courage aux musulmans de France et d’ailleurs qui vont aussi devoir soigner les plaies infligées par ces fous meurtriers.