Débattre en société

Le sujet de la semaine m’a particulièrement touché.

Les humains adorent communiquer sur tout. Si nos sujets de discussions concernent essentiellement la nourriture, le sexe, ou encore les prédateurs, les humains discutent de futurs hypothétiques, revisitent leur passé, commentent leurs émotions ou leurs propres comportements. Ce réflexe social maintient constamment vivace leur inextinguible esprit curieux et acéré.

Vous ne ferez jamais avaler des sornettes à un humain : il a déjà tout discuté sous tous les angles et possède une méfiance intelligente. Heureusement pour nous, il ne la mettent pas au service de notre extermination, même s’ils sont obligés de réguler ponctuellement nos populations puisque nous nous reproduisons à tout-va, n’importe comment, envahissant tout et polluant les remarquables créations humaines.

Que font les cafards dans l’habitat des hommes ? Les hommes se permettent-ils de s’introduire dans l’habitat cafard ? NON !
Pourquoi saccager leurs récoltes, qu’ils nous laissent assez grignoter, alors que nous ne sommes pas fichus de faire pousser un radis ?
Qui sommes-nous pour prétendre nous imposer autant à autrui ?

Vous voyez, j’ai déjà acquis la volonté de déblatérer et discutailler, comme eux.

Cette faculté n’a cependant aucun intérêt si je la partage avec -par exemple- une tique incapable de me renvoyer autre chose que de sa stupidité et son opportunisme.

Il me fallait donc discuter avec des humains. J’abordai deux individus en terrasse de bar pile au moment où la discussion pirs un tour enfiévrée. Mon arrivée ne les dérangea pas et ils m’inclurent dans leur joute, me tapant amicalement sur l’exosquelette, me haranguant par pichenette du pied.

Je n’avais cependant pas le niveau. Vu le volume sonore de leur discussion, synthétisée habilement en onomatopées (  » AAAHH ! OOHHH ! IIIIHHH ! « ), la question devait être importante pour eux. Je fus dépité de ne pas pouvoir y participer. Ils continuaient à s’enflammer et, scolopendre minable que je suis, je me vexai, imaginant qu’ils me narguaient avec leur érudition. Je les ingérai entièrement tous deux puis, une fois le calme revenu et le regret me torturant, je me rendis compte qu’ils avaient tout manigancé. Ils s’étaient sacrifiés dans le but de me faire vivre par immersion ma propre bêtise, usant même de ma propre méthode pour m’ouvrir les yeux.


Cette expérience m’a, je l’avoue, chamboulé à jamais.

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