Aller à la piscine

Les humains aiment évoluer dans l’eau et moi aussi.

La piscine est un haut lieu de contact social car les corps se dénudent et glissent, humides, le long des courants. La nudité est d’ailleurs un concept typiquement humain. La plupart du temps, ils sont obligés de se camoufler les uns des autres tant ils sont sensuels et désirables. C’est aussi peut-être pour nous protéger de la vue insupportablement sublime de leur peau imberbe et magnifique.

Contrairement aux autres espèces, ils sont tout le temps en période de reproduction et la dissimulation de leur beauté au quotidien est une nécessité.

La piscine sert de lieu de brassage. C’est le grand cirque de la parade amoureuse mais tout reste ici strictement PLATONIQUE. Petits et grands humains s’égaillent dans l’élément liquide, en totale osmose avec leur très lointain passé marin, les êtres vivants étant peut-être tous issus de la mer… En tout cas, bien que n’ayant rien d’amphibien (pas de pattes palmées, pas de duvet de plumes ointes permettant de glisser sur l’eau, pas de branchies ou de capacités thoraciques exceptionnelles…) les humains sont très à l’aise.

Je tombais vite sur un jeune mâle me faisant ouvertement concurrence au jeu de la séduction. Sur le bord du bassin, une horde d’hominidés commençait à crier, sensible à son charme. Il évoluait en un vigoureux très masculin.
Je ne sais ce qui me prit mais ce défi me titilla et je voulus aussi faire valoir mes charmes. A l’aide de mes paires de pattes innombrables, je nage très vite et ridiculisai le jeune mâle en le doublant, puis tournant autour de lui dans un exercice physique et délicat de natation synchronisée. Le chlore me piquait les yeux mais je n’y prêtais plus attention. Les cris enjoués de mes supporters d’un jour me galvanisa.
Le jeune mâle ne cédant pas la place, continuant insolemment à barboter sur mon territoire séductif, j’entrepris de le taquiner un peu. Je lui mis la tête sous l’eau. Je m’amusai à lui taper dans le dos et à filer dès qu’il se retournait. Il poussait de grands râles surement à vocation érotiques afin de troubler le jugement des femelles nous regardant.

Afin de le ridiculiser définitivement, je le pris sur mon nez et jonglai avec lui, comme le font excellemment les orques avec les otaries. C’était rigolo ! J’oubliai le temps, j’oubliai mes spectateurs, tout entier pris à mon jeu. Le jeune mâle rebondissait et rebondissait et rebondissait et rebondissait et rebondissait et…

Quand je revins à mes esprits, il n’y avait plus personne. Le jeune mâle, lui aussi, avait abandonné la partie. Encore une fois, je m’étais mépris sur la nature de la beauté : elle est inutile si elle n’est pas partagée avec ses pairs.

J’étais le plus beau, mais j’étais seul.

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Un commentaire sur “Aller à la piscine

  1. Yop!
    !!!!! C’est quoi ce délire scolopendre? !!!
    Et moi qui me régalait de tes singeries Mooloo d’antan!
    Heu…
    La vie en vision macro, c’est pas trop chiant?
    Tu me diras, moi, c’est tout le contraire! Le cosmos exarcerbé, les constellations autour de mes chiottes, et tutti quanti…
    Bordel!
    On devrait pouvoir trouver cette putain de ligne médiane, tu crois pas?
    Allez, sinon, t’as toujours autant de talent, mec!
    A plus dans le bus.

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