Aider les vieux

Les vieux humains ont besoin de beaucoup d’attention et sont en retour très sociables.

C’est pour cela que la société des hominidés a toujours embrassé leur sort de manière particulièrement intelligente. Les vieux sont la sagesse mais la fragilité de la vie. Ils sont l’expérience et le temps mais aussi la dégénérescence. Cela, l’humanité sait très bien le gérer. A l’instar de ce qu’ils font pour leurs handicapés, les humains ont une grande capacité de déni.

On fait comme si la vieillesse et le handicap n’existaient pas, comme si chaque individu vivait toujours pleinement à son apogée de beauté et d’intégrité physique, même quand cet apogée n’a jamais eu lieu. C’est un principe de cohésion social très noble. Et cela n’empêche pas l’installation de structure et de comportements destinés « au cas où certains d’entre nous seraient invalidés. »

Cette organisation ne vise qu’une probabilité, jamais un individu. Les mission d’information en font de même. Certains pans de la société vont encore plus loin : on plaisante sur la vieillesse et le handicap, on ne fait rien pour eux, on perpétue l’illusion rassurante de l’invincibilité humaine et la mort même est expédiée comme léger contretemps.

Pour l’instant, je me content d’appliquer le B.A.BA des attentions envers les vieux : laisser sa place dans le bus, patienter calmement devant leur lenteur,… les aider à traverser. Sous couvert de galanterie, j’ai donné le bras à une veille femme. Tout en gardant mon flegme, je la préservais du danger de voitures roulant bien trop vite ! Exercice difficile puisqu’il faut créer l’illusion que rien d’exceptionnel ne se passe alors que ce n’est pas le cas.
Le vieille femme, surement flattée de mon attention et revigorée, retrouvait ses gambettes de jeune fille et se lançait dans un sprint (lent) à travers le passage clouté. Je forçais un bolide à stopper net.

La voiture étant le symbole du gâchis (nombre d’humains meurent par sa faute) je me laissai aller à une saine colère quand ma dulcinée d’un après-midi fut hors de vue. Blam blam blam, je démolis ce capot maudit, création d’un humain dégénéré ayant contaminé son espèce. Quand mon oeuvre de destruction fut finie, je me rendis compte que dedans, un jeune humain était réduit en bouillie.

La voiture le digérait mais je ne la lassais pas faire.

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