Home edition 3 : le totem

Aujourd’hui, dans mon appartement, j’ai découvert une chose formidable.

De tout temps, les humains ont été vénéré ce qui était au-delà de leur perception et de leur compréhension. Aux temps anciens, les tribu primales accordaient aux objets inertes un lien avec le divin, comme tout être, et établissaient croyances et rituels cherchant à préserver l’équilibre. Calmer la colère des dieux ou solliciter leur miséricorde était une occupation quotidienne.

Depuis, l’homme a crée une flopée de mythologies variées mais reste toujours très attaché au symboles.

Je me suis longtemps demandé pourquoi les humains allient perpétuellement à ce gros parallélépipède froid et sobre, pourquoi ils y déposaient des victuailles. Il s’agissait en fait d’un totem. Le totem est la représentation terrestre du non-représentable.

Comment ça marche ? C’est tout simple, il suffit de déposer des offrandes dans la gueule froide du totem. Ce rituel est au minimum hebdomadaire. L’innovation est qu’on peut aussi manger les offrandes même si certains puristes préfèrent les laisser aux dieux jusqu’à ce qu’elles atteignent un état de décomposition discutable. Faire l’offrande semble rassurer l’humain. Un totem vide, par contre, est toujours signe de mauvais temps, de problèmes et complication. Une autre pratique est de coller des messages (post-it ou magnetiques) sur le totem à l’intention de la divinité que l’on sollicite mais le plus souvent, les humains procèdent de manière plus intime en descendant la nuit partager un verre d’eau ou une bombe de chantilly, en tête-à-tête avec le divin.

Je peux témoigner que ce rapport au divin est tout à fait moderne. Avant, on sollicitait les dieux pour certains événements comme la récolte (en priant pour que mes consoeurs délinquantes sauterelles ne viennent pas tout vandaliser) ou la fertilité.

Le totem est devenu un instrument du quotidien, affirmant que le rapport Divin-Humain est perpétuel, jamais rompu et toujours à entretenir comme une belle histoire d’amour.

Quand je pense que chez nous, insectes de toutes sorte, aucun culte n’existe, ni même les notions d’amour. Nous sommes des sociétés purement matérialistes, pragmatiques, utilitaristes et pour certains spécimens, tyranniques et égoïstes. Jamais nous ne connaîtrons la joie de choisir un totem, de le décorer, de lui associer un dieu et ensuite, de lui offrir les offrandes qu’il faut. Jamais nous ne déploierons tant de moyen à créer une atmosphère réfrigérée pour conserver des offrandes sacrées.

Même mon voisin est plus évolué, bien qu’il soit un peu répétitif dans les offrandes (qui consiste principalement en de la bière), mais je vous montrerai ça une prochaine fois.

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