Conan in Slumberland







Spéciale dédicace à Gwen ! 🙂


Conan le barbare fut tout d’abord un héros de romans d’heroïc fantasy avant de devenir un personnage phare de la BD américaine. Little Nemo, lui, vu ses aventures publiées dans les journaux et fut tardivement reconnu à sa juste valeur : un monument de la BD américaine. Conan étant parfois le héros d’aventures totalement fantastiques et Slumberland (monde des rêves de Nemo) étant une contrée propice à l’absurde et au délire, rien n’empêchait qu’ils se rencontrent.Par Crom !

Conan le barbare est né sous la plume de Robert E. Howard, romancier prolifique d’heroic fantasy, dans les années 30 pour le magazine Weird Tales. Si la saga eu du succès, son pendant BD (publié par Marvel quarante ans plus tard) fut lui aussi un grand succès. Supervisée à l’écriture par Roy Thomas, la série adaptait certaines histoires d’Howard et proposa aussi des récits inédits. Elle donna lieu à bon nombre de trouvailles qui intégrèrent ensuite la mythologie dite classique de Conan.
Lancé par Barry Windsor-Smith, c’est ensuite le passage de John Buscema qui marqua le plus les esprit et qui forgea l’identité visuelle du Cimmérien. S’en suivirent plusieurs autres séries dont Savage Sword of Conan (en noir et blanc avec des récits plus osés) et un foule de dessinateurs.
C’est chez Dark Horse que Conan vit à nouveau ses aventures aujourd’hui, dans une autre série : Conan par Kurt Busiek, Cary Nord et bien d’autres.


Sous le crayon de Tomas Giorello

Contrairement à l’image simpliste qu’en ont donné les films (y compris le récent), Conan n’est pas un crétin ultra-violent. C’est un guerrier redoutable et un fin stratège, un baroudeur hors paire et souvent un séducteur. Sa force physique et son endurance lui servent autant que son cerveau. Et il en faut, pour survivre dans un monde aussi dur que celui de l’âge hyborien où le danger vient autant des hommes que des monstres lovecraftiens (une des influences du roman comme des comics).
C’est de la pure heroic fantasy, avec ses hauts et ses bas. Conan fourmille d’images épiques dues au passage de nombreux illustrateurs et dessinateurs sur le titre ou les couvertures (Frazetta, Nemrod,…), chacun apportant sa pierre à l’édifice.
Publié en France par Arédit/Artima, puis Lug et Semic, puis bien d’autres éditeurs, Conan est actuellement chez Marvel France/Panini et Soleil.

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Little Nemo in Slumberland n’est pas énormément connu du grand public (et les errances de publications françaises n’aident pas) mais pourtant, cette BD créée dans les années 1900 (oui) par Winsor McCay est un monument. Monument d’audaces narratives et graphiques avant tout. Publié dans le New York Herald puis le New York American, Little Nemo raconte les aventures d’un petit garçon qui rêve et se retrouve plongé dans le royaume farfelu de Slumberland où il va de péripéties en péripéties… avant de se réveiller. A chaque fois.
Pour souligner la bizarrerie des rêves, McCay n’hésite pas à déformer les cases, à repousser les limites des possibilités narratives, à s’émanciper du format classique qu’il considérait comme mortellement ennuyeux.


Bien avant the Walking Dead, il y eut the Walking Bed

Si l’histoire est un peu décousue, du fait du format (gags en une page avec un fil rouge), c’est un plaisir à regarder et analyser. McCay était un dessinateur passionné par la dynamique, le mouvement, et ses pages expérimentales nous entraîne bien dans des zones étranges, en totale adéquation avec le propos (se balader dans un rêve). Ajoutez à ça une inspiration Art Nouveau.

Chez Delcourt, notamment, pour la version française.

McCay fut aussi un précurseur du dessin animé, avec Gertie the dinosaur. Chaque image fut dessinée méticuleusement par l’auteur, en 1914 :

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8 réponses à “Conan in Slumberland

  1. Bravo, non seulement tes « cross-mash-over » sont excellent mais ta culture fait du bien. ça fait 30 ans que j’essaie d’expliquer à des crétins que Conan est de la bonne littérature avant d’être de la bonne BD et des films de merde (y compris, le dernier).
    Quant à Little Nemo, faut pas rêver!

  2. Pingback: Marspawnilami | Mooloozone – Comics Mash-Up

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